Au son de tambours en plastique et de trompettes en carton, les agriculteurs, vêtus de bottes en caoutchouc et de tabliers à fleurs, s'apprêtent à exécuter une chorégraphie digne des plus grands spectacles de Broadway. Le préfet à la casquette de soleil leur a expliqué que, selon une méthode ancestrale qu'il a découverte dans un vieux livre poussiéreux, danser est la meilleure façon d'attirer la pluie. Les agriculteurs, sceptiques mais amusés, se sont laissés entraîner par cette idée saugrenue.
« Pourquoi pas, après tout ? » s'est écrié un agriculteur à la moustache fournie, en se déhanchant avec entrain. « On a déjà essayé de prier, de sacrifier des tomates à la déesse des récoltes, alors autant essayer la danse ! »
Le jour J, le village entier était en émoi. Les enfants, les grands-parents, même le chien du maire, se sont joints à cette initiative loufoque. Les chants de « On veut de la pluie ! » résonnaient dans les champs, tandis que les agriculteurs, trempés jusqu'aux os, tournaient et sautaient comme s'ils étaient sur une scène de danse étoilée. Le préfet à la casquette de soleil, lui, était là, tout sourire, à diriger cette joyeuse mélodie de l’absurde.
Malheureusement, la pluie n'est pas vraiment tombée. À la place, un nuage de mouches curieuses s’est invité à la fête. « Peut-être qu'on aurait dû danser avec des parapluies ! » a plaisanté un agriculteur, en essayant de chasser les insectes de son assiette de fromage.
En fin de compte, la danse a peut-être été un flop côté météorologique, mais elle a réussi à rassembler le village dans une ambiance festive. Le préfet à la casquette de soleil, fier de son initiative, a promis de renouveler l'opération avec une touche d'originalité : la prochaine fois, il envisagerait d'inviter un groupe de marins pour chanter des chants de mer, histoire de voir si ça attire les nuages. Après tout, qui sait ? La pluie pourrait bien tomber un jour, même si cela nécessite d'embarquer le village entier sur un bateau de croisière !
